Simulateur Prestation Compensatoire
Estime le montant de la prestation compensatoire que tu pourrais verser si Madame en fait la demande (et on sait tous les deux qu'il est fort probable qu'elle se fasse sous les conseils de son avocat qui est bien déterminé à te saigner).
Ton estimation
Différence de revenus annuels retenue :
| Méthode de calcul | Montant Estimé |
|---|---|
| Méthode 1 (Diff. Annuelle / 3) × (Durée / 2) | - |
| Méthode 2 (Diff. Annuelle × 20%) × 8 | - |
| Méthode 3 (Martin Saint Léon) | - |
Le montant te fait mal ? C’est normal.
La plupart des hommes découvrent la prestation compensatoire trop tard, quand le chiffre est déjà sur la table et que tout le monde autour d’eux leur explique que « c’est comme ça ».
Sauf que non, ce n’est pas « comme ça ».
Il existe des arguments concrets pour contester un montant délirant, des preuves à réunir, des erreurs à éviter devant le juge. Par exemple, il faut impérativement déjouer le narratif du sacrifice professionnel de Madame qui se serait occupée des enfants plutôt que de faire une brillante carrière pendant que tu t’éclatais au travail en gravissant les échelons … Et il y a des manières de démontrer la réalité.
Dans mon ebook « Pendant le divorce », je te montre comment :
– préparer ton dossier pour ne pas passer pour le pigeon idéal,
– mettre en avant tes charges réelles, tes contraintes et tes efforts,
– éviter les pièges qui peuvent te coûter des dizaines de milliers d’euros.
Prestation compensatoire : ce que le simulateur te montre vraiment
La prestation compensatoire est présentée comme un mécanisme « équitable » destiné à compenser la différence de niveau de vie entre les ex-époux après le divorce. En pratique, c’est souvent une facture massive envoyée à celui qui a le plus travaillé, le plus gagné et le plus assumé financièrement le couple. C’est le prix de la réussite professionnelle et du rôle de pilier économique du foyer.
Le simulateur de prestation compensatoire que tu viens d’utiliser met simplement des chiffres sur cette réalité. Il s’appuie sur des paramètres classiques : différence de revenus, durée du mariage, écart de situation entre toi et ton ex, et sur la logique que l’on retrouve dans de nombreux dossiers devant les tribunaux. Ce n’est pas un oracle, c’est un miroir : il te montre l’ordre de grandeur de ce que le système peut te demander.
Un mécanisme présenté comme « juste »… mais souvent vécu comme profondément injuste
Sur le papier, la prestation compensatoire doit tenir compte des besoins de l’époux qui la reçoit et des ressources de celui qui la verse. En réalité, elle est régulièrement vécue comme une double peine pour celui qui a porté le couple financièrement pendant des années. C’est ce que je développe dans l’article « Prestation compensatoire : la facture cachée du mariage » : derrière le discours sur la solidarité, on retrouve souvent une addition salée pour l’homme qui a mis sa carrière au service du foyer.
L’argument classique est connu : l’un a « sacrifié sa carrière » pour le couple, l’autre a « pris toute la place professionnelle ». C’est précisément ce que j’analyse dans « Prestation compensatoire : l’arnaque du sacrifice professionnel » . On transforme des choix de vie communs en dette unilatérale, payée pendant des années par le même homme.
Des méthodes de calcul multiples… et aucune règle officielle claire
Ce qui rend la prestation compensatoire si déroutante, c’est l’absence de barème officiel unique. Il n’existe pas une formule gravée dans le marbre, mais une mosaïque de méthodes, de « barèmes maison » et de pratiques de tribunaux.
Certains raisonnements se basent sur la différence de revenus mensuels, multipliée par un certain nombre de mois ou d’années pour « compenser » l’écart de niveau de vie. D’autres approches capitalisent une rente théorique sur une durée plus ou moins longue, en fonction de l’âge, de la durée du mariage ou de la situation professionnelle de chacun. Dans certains dossiers, on voit apparaître des méthodes du type « X % de la différence de revenus sur Y années ». Le problème, c’est que ces méthodes ne sont ni harmonisées, ni officiellement reconnues, et qu’elles varient d’un praticien à l’autre.
Le simulateur se situe dans cette logique : il traduit en chiffres un mode de calcul répandu, tel qu’on le retrouve souvent dans les discussions entre avocats et dans certains jugements. Cela donne un ordre de grandeur cohérent avec la pratique, tout en rappelant qu’il ne s’agit pas d’un barème légal.
Le « doigt mouillé » du juge : une part d’arbitraire assumée
Au-delà des chiffres, il reste ce que beaucoup d’hommes découvrent brutalement : la prestation compensatoire n’est pas une équation mathématique, c’est une appréciation humaine. Le juge dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour fixer le montant final. Il peut retenir certains critères, en écarter d’autres, accorder un poids important à un élément qui te paraît secondaire, ou au contraire minimiser un point qui, pour toi, est central.
C’est ce côté « doigt mouillé » qui rend le dispositif si inconfortable. Deux histoires de couple presque identiques peuvent aboutir à des montants très différents selon le tribunal, le contexte, la façon dont le dossier est présenté et les arguments mis en avant. On n’est pas dans une simple règle de trois, mais dans un mélange de droit, de psychologie, de narration et de perception de la « justice » par le magistrat.
La date de séparation : un paramètre explosif
Parmi les nombreux éléments qui peuvent faire varier le montant, la date de séparation joue un rôle bien plus important qu’on ne l’imagine. En fonction de la date retenue, la durée de la vie commune peut apparaître plus longue ou plus courte, certains revenus ou avantages peuvent entrer ou non dans le calcul, et la perception de l’« histoire du couple » change du tout au tout.
C’est ce que j’explique dans « Prestation compensatoire : la date de séparation, l’erreur fatale qui peut gonfler la note » . Une simple date peut transformer un dossier « raisonnable » en bombe financière, sans que le mécanisme soit évident au premier coup d’œil.
Un simulateur pour ouvrir les yeux, pas pour te rassurer
Le simulateur de prestation compensatoire sur cette page n’a pas pour but de te bercer d’illusions, ni de te donner une fausse impression de contrôle. Il sert à mettre noir sur blanc l’ampleur potentielle de la facture que le système peut te présenter, en fonction de quelques critères clés. Ce chiffre peut choquer, déranger ou mettre mal à l’aise : c’est justement le signal que les enjeux sont sérieux.
Entre les méthodes de calcul multiples, l’absence de barème officiel, la part d’arbitraire dans l’appréciation du juge et des paramètres comme la date de séparation, la prestation compensatoire est tout sauf un petit détail technique du divorce. C’est un sujet massif, complexe, qui peut influencer ton niveau de vie pendant des années.
Ce simulateur n’est qu’une porte d’entrée pour comprendre l’ordre de grandeur du risque financier. Ce qui se joue ensuite, ce sont les choix, la stratégie et la façon dont ton histoire sera présentée et perçue. Et c’est là que tout se joue vraiment.
